L’ambassade des États-Unis à Bogotá a émis une alerte de sécurité urgente suite à l’annonce d’une « frappe armée » à l’échelle nationale de l’Armée de libération nationale (ELN), avertissant les citoyens américains d’éviter tout voyage non essentiel dans plusieurs régions de Colombie du 14 au 17 décembre.
L’alerte, publiée le 13 décembre 2025, prévient que le groupe armé illégal Ejército de Liberación Nacional (ELN), désigné par les États-Unis comme organisation terroriste étrangère, a menacé la circulation des civils et des forces de sécurité.
La grève devrait débuter le dimanche 14 décembre à 6h00 et se terminer le mercredi 17 décembre à 6h00.
Selon l’ambassade, l’ELN a exhorté les civils à éviter de voyager par routes et rivières navigablesmettant en garde contre d’éventuelles confrontations avec des unités armées.
Le groupe reste actif dans plusieurs zones touchées par le conflit, notamment Arauca, Norte de Santander (en particulier Catatumbo), Chocó, Cauca et Nariño, ainsi que dans les couloirs stratégiques le long de la frontière entre la Colombie et le Venezuela.
Un porte-parole de l’ambassade a souligné la gravité de la situation en déclarant : « Nous exhortons les citoyens américains à éviter de voyager dans des zones à haut risque et à rester vigilants. L’environnement sécuritaire peut se détériorer rapidement. » L’ambassade a réitéré sa directive selon laquelle les citoyens ne devraient pas se rendre à Arauca, Cauca (à l’exception de Popayán), au Norte de Santander ou dans la région frontalière entre la Colombie et le Venezuela, et devraient reconsidérer leur voyage vers tous les autres départements.
Les principales préoccupations soulignées dans l’avis comprennent :
• Risque accru de barrages routiers et d’affrontements armés
• Forte présence de l’ELN dans les départements clés du nord-est, de l’ouest et du sud-ouest
• Débordement potentiel de la violence dans les régions frontalières
• Niveaux de menace élevés pour les voyageurs se déplaçant par voie terrestre
Les autorités recommandent de faire profil bas, d’éviter les foules, de surveiller les médias locaux et de ne pas affronter des individus armés. Les médias colombiens ont rapporté que les « grèves armées » passées de l’ELN ont fréquemment perturbé les réseaux de transport, le commerce et la gouvernance régionale, suscitant des inquiétudes quant à d’éventuelles escalades au cours de la période à venir.
Histoire de l’ELN et contexte de la frappe armée
Fondé en 1964, l’Ejército de Liberación Nacional est apparu comme une insurrection marxiste-léniniste inspirée par la révolution cubaine et la théologie catholique de la libération. Pendant des décennies, l’ELN s’est appuyée sur les enlèvements, l’extorsion, l’exploitation minière illégale et le contrôle des corridors de trafic de drogue pour financer ses opérations.
Bien que plus petite que les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), l’ELN est restée active même après l’accord de paix des FARC de 2016, s’étendant dans les territoires abandonnés par les combattants démobilisés. La structure de commandement décentralisée du groupe a compliqué les négociations de paix, et les pourparlers avec le gouvernement colombien ont été suspendus à plusieurs reprises en raison d’attaques contre les civils et les forces de sécurité.
La « grève armée » actuelle s’inscrit dans un schéma de longue date de fermetures coercitivesau cours de laquelle le groupe menace d’imposer un contrôle armé sur les routes et les déplacements publics. De telles déclarations visent souvent à démontrer une influence territoriale, à perturber l’autorité de l’État et à faire pression sur le gouvernement lors d’impasses politiques ou militaires.
Les bastions de l’ELN – en particulier à Catatumbo, Arauca, Chocó, Cauca et dans les zones proches du Venezuela – restent des zones où la présence de l’État est limitée, où les économies illégales prospèrent et où les affrontements entre groupes armés sont fréquents. Les organisations de défense des droits humains continuent de documenter les déplacements forcés, le recrutement de mineurs et l’intimidation des populations locales dans ces régions.
Avis aux voyageurs aux États-Unis et au Canada : conseils actuels
Les États-Unis et le Canada maintiennent des avis de voyage renforcés pour la Colombie en raison des risques posés par les groupes armés, la criminalité et les troubles civils.
Avis du Département d’État américain

Les États-Unis conseillent actuellement à leurs citoyens ne pas voyager à Arauca, Cauca (à l’exclusion de Popayán), Norte de Santander et les zones situées le long de la frontière vénézuélienne, invoquant les enlèvements, le terrorisme et le conflit armé. Il recommande en outre reconsidérer les voyages vers le reste du pays, en particulier là où les organisations criminelles contrôlent les communautés rurales et frontalières.
Avis du gouvernement du Canada

Le Canada exhorte également les voyageurs à faire preuve d’une degré élevé de prudence dans toute la Colombie. Elle déconseille tout voyage dans les zones frontalières avec le Venezuela et dans les départements à haut risque touchés par les groupes armés. Les autorités canadiennes soulignent des menaces telles que la violence criminelle, les points de contrôle illégaux et la possibilité de restrictions soudaines de mobilité lors d’actions insurrectionnelles comme la grève déclarée de l’ELN.
Les deux gouvernements soulignent que les conditions peuvent changer brusquement et que les voyageurs doivent suivre les directives officielles, s’inscrire auprès de leur ambassade et éviter les zones où des groupes armés opèrent ou imposent un contrôle sur les itinéraires de transport.
Alors que la Colombie continue de faire face à des défis complexes en matière de sécurité intérieure, les voyageurs internationaux sont invités à rester informés, vigilants et réactifs à l’évolution des avis tout au long de la grève déclarée de l’ELN et au-delà.
